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Téter les bonnes bactéries

La découverte de souches bactériennes dans le lait maternel représente une énigme que certains commencent à résoudre.

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Bactéries maternelles et microbiome

Cet article est le second dédié à l’étude australo-californienne qui analyse en profondeur les relations entre les bactéries du lait maternel, les HMO et la croissance de nourrissons en allaitement maternel exclusif.
 

L'allaitement maternel exclusif pendant les six premiers mois de la vie offre de nombreux avantages pour la santé à long terme. L’une des découvertes les plus récentes à ce sujet provient du rôle des bactéries présentes dans le lait maternel.          

Mais quel est précisément leur rôle et ces bactéries sont-elles identiques chez toutes les femmes ? Vu le nombre de variables qui entrent en jeu dans la constitution du microbiote intestinal du bébé, il est bien peu probable de trouver une causalité absolue entre la composition de celui-ci et les bactéries du lait maternel, cependant certains éléments retiennent fortement l’attention des chercheurs. Elles pourraient en effet contribuer, avec les HMO, leurs prébiotiques physiologiques, à l'homéostasie intestinale, au développement immunitaire des nourrissons et à la protection contre les infections.
 

Conséquences sur le nourrisson       


La première question étudiée par les chercheurs de l’étude australo-californienne analyse les liens entre les bactéries présentes dans le lait maternel et la physionomie du nourrisson. C’est ainsi qu’après ajustement pour la consommation de lait sur 24 h, une plus grande abondance relative de trois espèces de streptocoques, S. epidermidis, S. parasanguis et S. lactarius, étaient associés à une croissance plus rapide avec une augmentation des mesures anthropométriques, mais aussi de l’adiposité et de la masse maigre, quel que soit le statut sécréteur de la mère.

Lorsque la durée de la grossesse était prise en compte dans l’analyse, une différence était constatée entre nourrissons nés de mères sécrétrices et non sécrétrices, ce qui n’est pas fait pour faciliter l’analyse. Néanmoins, ces résultats suggèrent que les bactéries du lait maternel sont très probablement impliquées dans la modulation de la croissance et de la composition corporelle du nourrisson, potentiellement via la « première » colonisation du tractus intestinal. Personne jusqu’à présent n’avait étudié aussi précisément l’influence des bactéries présentes naturellement dans le lait maternel.

S. epidermidis : pas que des bénéfices ?   

Mais les interactions ne s’arrêtent pas là. En effet, Streptococcus epidermidis est une bactérie soupçonnée de nombreux « méfaits ».  C’est un agent pathogène opportuniste et colonisateur de l'intestin des nourrissons et sa présence a été associée à des diarrhées sporadiques. De plus, une forte abondance de S. epidermidis a aussi été associée à des maladies allergiques, notamment des allergies alimentaires, un risque accru d'eczéma atopique et d'obésité. Ces bactéries peuvent ainsi participer à une modulation négative du développement du système immunitaire néonatal.

Relation à double sens

Une autre des surprises de l’étude a été de montrer que les bactéries présentes dans le lait maternel étaient influencées par l'IMC maternel. En d’autres termes, le poids de la maman détermine quelle bactérie est présente dans son lait et en quelle quantité. C’est ainsi que la masse maigre (Fat free Mass) maternelle et l'adiposité influençaient l’abondance relative de S. salivarius, S. lactarius, G. haemolysans, V. nakazawae, S. mitis et S. epidermidis dans le lait maternel. A noter que le statut de sécréteur de la mère vient aussi pondérer leur quantité.

Si les premiers colonisateurs de l'intestin du nourrisson exclusivement allaité dépendent du poids de la maman allaitante, de nombreuses théories sur la « transmission parents-enfant » de l’obésité vont pouvoir être mises à jour, et ceci d’autant plus que le poids maternel influence aussi la composition du lait maternel en HMO (Cf premier article publié à ce sujet)

Conclusion

Les facteurs maternels, notamment la génétique, l'âge, l'origine ethnique et l'IMC avant la grossesse, sont connus pour influencer la composition en HMO. Depuis cette publication, des relations entre la composition corporelle de la mère et les concentrations en HMO pendant l'allaitement maternel exclusif ont aussi été observées. Cependant, il reste à voir si les changements dans la composition corporelle maternelle pendant la lactation modulent les concentrations en HMO et les bactéries présentes dans le lait. Autrement dit, l’augmentation pondérale pendant la grossesse est-elle un facteur à considérer, ou seul compte le statut et l’IMC avant la grossesse ? Une étude longitudinale s’impose pour clarifier tout cela.  Ces études permettront de concevoir de futures interventions et conseils pour moduler positivement la croissance et le développement du nourrisson.

Sources

Ref: Human Milk Oligosaccharides and Bacterial Profile Modulate Infant Body Composition during Exclusive Breastfeeding, A S. Cheema et al. Int. J. Mol. Sci. 2022, 23, 2865. https://doi.org/10.3390/ijms23052865

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Avis important

Le lait maternel est l’aliment idéal du nourrisson car il convient le mieux à ses besoins spécifiques. Une bonne alimentation de la mère est importante pour la préparation et la poursuite de l’allaitement au sein. L’allaitement mixte peut gêner l’allaitement maternel et il est difficile de revenir sur le choix de ne pas allaiter. Les implications socio-économiques doivent également être prises en considération dans ce choix. En cas d’utilisation d’un lait infantile, lorsque la mère ne peut ou ne souhaite pas allaiter, il importe de respecter scrupuleusement les indications de préparation et d’utilisation et de suivre l’avis du corps médical. Une utilisation incorrecte pourrait présenter un risque pour la santé de l’enfant.

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