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Covid-19, est-ce qu’être enceinte, c’est être à risque ?

Quels sont les mesures préconisées en France concernant la vaccination de la femme enceinte ? Les vaccins n’étant pas équivalents entre eux, quelle vaccination préconiser et à quel moment ?

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Que dit l’académie nationale de médecine ?

Dans des pays comme les États-Unis, le Royaume-Uni, Israël et la Belgique, les femmes enceintes ont été prioritaires à la vaccination. Qu’en est-il en France ? L’Académie nationale de médecine a recommandé dès fin mars 2021 :

  • de considérer la grossesse comme un facteur de risque en cas d’infection par le SARS-CoV-2 et de protéger chaque femme enceinte de toute source potentielle de contamination ;
  • de vacciner toute femme enceinte professionnellement ou familialement exposée, ou porteuse d’une comorbidité (âge >35 ans, IMC >25, HTA, diabète) ;
  • de ne pas retarder ou interrompre une grossesse en raison de la vaccination ;
  • de préserver l’allaitement pour les femmes ayant été infectées par le SARS-CoV-2 ou vaccinées au cours de leur grossesse, les anticorps transmis par le lait maternel ayant un effet protecteur pour le nouveau-né

Mise à jour de l’ANSM

Depuis le 3 avril 2021, l’ANSM a suivi les recommandations de l’académie nationale de Médecine puisque les femmes enceintes sont prioritaires à partir du 2e trimestre de grossesse à l’accès aux vaccins à ARNm (Comirnaty [Pfizer/BioNtech] et Moderna), en particulier si elles présentent une pathologie ou si elles sont susceptibles d’être en contact dans leur activité professionnelle avec des personnes atteintes de la COVID-19.

Etre enceinte et se vacciner : Un risque ?

Aucun signal d’alerte ne semble remonter des différents pays. Aux Etats-Unis, à la date du 30 mars 2021, plus de 35 000 femmes enceintes avaient déjà reçu une première injection d’un vaccin à ARNm contre le COVID-19 (Pfizer/BioNtech 53,9 % et Moderna 46,1 %) au cours de leur grossesse. La fréquence des effets indésirables locaux et systémiques chez les futures mères est similaire à ce qui est observée dans la population générale. A ce jour, les données ne mettent pas en évidence de risque pour la femme enceinte et le futur enfant. Pour le vaccin à vecteur viral Vaxzevria (AstraZeneca), les études chez l’animal sont en cours. Les résultats préliminaires ne montrent pas d’effet nocif sur le développement du fœtus. Les données cliniques pour ce vaccin chez la femme enceinte sont limitées et ne permettent pas d’exclure un risque. Ce vaccin n’est pas recommandé à ce jour en France chez les femmes enceintes.

Et en cas d’allaitement ?

Une étude a révélé une sécrétion robuste d'anticorps IgA et IgG spécifiques du SARS-CoV-2 dans le lait maternel pendant 6 semaines après la vaccination. La sécrétion d'IgA était évidente dès 2 semaines après la vaccination, suivie d'un pic d'IgG après 4 semaines (une semaine après le deuxième vaccin). Quelques autres études ont montré des résultats similaires chez les femmes infectées par COVID-19. Les anticorps trouvés dans le lait maternel de ces femmes ont montré de puissants effets neutralisants, suggérant un effet protecteur potentiel contre l'infection chez le nourrisson. La décision de se faire vacciner ou non, dans ce contexte d’allaitement et surtout s’il existe des facteurs de risque, doit se faire en étroite concertation avec le médecin, la sage-femme ou le gynécologue.

Et que disent les sociétés savantes ?

Le risque d'admission en unité de soins intensifs est d'environ 1% parmi les femmes enceintes au dernier trimestre atteintes de COVID-19, et le risque de mise sous ventilation assistée autour de 0,3 %. Ces valeurs sont environ trois fois plus élevées que ceux de la population générale du même âge. Le risque absolu de décès par COVID-19 chez les femmes enceintes reste faible, à environ 0,15 % dans les cas symptomatiques. Il est environ 70 % plus élevé par rapport aux femmes non enceintes du même âge. La possibilité de se faire vacciner doit donc être offerte à toutes les femmes enceintes, après avoir été suffisamment informées des avantages et des risques. L'EBCOG (european board & college of obstetrics and gynaecology) exhorte toutes les autorités sanitaires et les gouvernements à rendre la vaccination accessible à toutes les femmes enceintes souhaitant se faire vacciner. L'EBCOG souhaite aussi que la vaccination contre le Covid-19 soit recommandée pour toutes les femmes qui allaitent, en l'absence de contre-indication.

En pratique et en conclusion :

  • Les données de la littérature et du suivi de pharmacovigilance ne mettent pas en évidence, à ce jour, un risque de la vaccination contre la Covid-19 chez la femme enceinte et allaitante.
  • Les femmes enceintes, à partir du 2e trimestre (16e semaine d’aménorrhée), sont prioritaires pour accéder à la vaccination contre le COVID-19.
  • Cette recommandation est également conseillée par l’OMS pour les femmes allaitantes. En France, la HAS rappelle que, sur la base des mécanismes biologiques (dégradation rapide des ARNm), il n’y a pas d’effet attendu chez le nourrisson et l’enfant allaité par une femme vaccinée. La vaccination chez la femme allaitante est donc possible.
  • Les vaccins actuellement recommandés sont les vaccins à ARNm (Comirnaty ou Moderna).
  • Si une première dose a été administrée en début de grossesse, alors que celle-ci n’était pas encore connue, il n’existe aucun élément inquiétant à ce jour pour la mère et pour l’enfant à naitre, quel que soit le vaccin.

Références :

https://www.academie-medecine.fr/wp-content/uploads/2021/03/21.3.2-Vaccination-Covid-des-femmes-enceintes.pdf

https://ansm.sante.fr/dossiers-thematiques/covid-19-vaccins-et-femmes-enceintes

Inês Martinsa et al, EBCOG position statement on COVID-19 vaccination for pregnant and breastfeeding women https://www.ejog.org/article/S0301-2115(21)00244-X/fulltext

Enquête de Pharmacovigilance sur les effets indésirables des vaccins Covid19 chez les femmes enceintes et allaitantes Rapport N°2 27/12/2020 au 15/06/2021 CRPV de Lyon - CRPV de Toulouse

https://info-allaitement.org/ressources-en-ligne/vaccination-covid-19-et-allaitement/

https://www.has-sante.fr/upload/docs/application/pdf/2020-12/place_vaccin_a_arnm_comirnaty_bnt162b2_synthese.pdf

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Le lait maternel est l’aliment idéal du nourrisson car il convient le mieux à ses besoins spécifiques. Une bonne alimentation de la mère est importante pour la préparation et la poursuite de l’allaitement au sein. L’allaitement mixte peut gêner l’allaitement maternel et il est difficile de revenir sur le choix de ne pas allaiter. Les implications socio-économiques doivent également être prises en considération dans ce choix. En cas d’utilisation d’un lait infantile, lorsque la mère ne peut ou ne souhaite pas allaiter, il importe de respecter scrupuleusement les indications de préparation et d’utilisation et de suivre l’avis du corps médical. Une utilisation incorrecte pourrait présenter un risque pour la santé de l’enfant.

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