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Les composants du lait maternel et leurs impacts sur la santé : état de la recherche

Les technologies analytiques avancées telles que le séquençage de nouvelle génération ont permis une exploration sans précédent du lait maternel humain et ses bénéfices pour la santé. Le lait maternel est un système complexe de composants bioactifs, beaucoup n'ont pas encore été identifiés, et d'autres ne font l’objet que d’études préliminaires. Une publication propose la synthèse des connaissances actuelles sur les composants connus du lait maternel.

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Macronutriments : protéines, glucides et lipides

Les glucides représentent 7% (60-70g/L) du lait et 40% de la réserve calorique totale. Le lactose est le principal glucide du lait maternel. C'est le principal contributeur à l'osmolalité du lait maternel et il favorise l'absorption des oligosaccharides, des minéraux et du calcium.

Les protéines, qui représentent 1% (8-10 g/L), sont composées de lactosérum, de caséines et de divers peptides, fournissant des acides aminés essentiels pour la croissance et le développement du nourrisson, ainsi que des protéines et des peptides bioactifs.

Le lait maternel contient 3,5 à 4,5 % de matières grasses, dont 95 à 98 % sous forme de triglycérides. Représentant plus de 50 % de l'apport calorique d'un nourrisson, les lipides sont fondamentaux pour la croissance du nourrisson et le développement du système nerveux.

Des composants immunologiques appartenant aux protéines du lactosérum

Les protéines immunologiques comprennent l'α-lactalbumine, la lactoferrine, le lysozyme et les immunoglobulines A sécrétoires (IgAs). Ce sont toutes des protéines de lactosérum dont la prédominance dans le colostrum souligne leur rôle essentiel dans la protection du nourrisson à la naissance.

Environ 10 % des 0,5 à 1g/L des IgAs du lait maternel ingérées par jour sont absorbées et apporte l'immunité acquise de la mère au nourrisson. Elles empêchent également les agents pathogènes de se lier à la surface de la muqueuse intestinale et pourrait influencer la pathogenèse de l'entérocolite nécrosante (1 étude).

La lactoferrine (1g/L dans le lait mature, 7g dans le colostrum) a une grande affinité pour le fer. Elle exerce une activité bactériostatique et bactéricide contre certains agents pathogènes. Elle affecte également la production et l'expression de diverses cytokines qui affectent le système immunitaire.

Le lysozyme inhibe la propagation des bactéries pathogènes via son action synergique avec la lactoferrine et pourrait avoir le potentiel de protéger les nourrissons contre les dommages inflammatoires liée à l’entérocolite nécrosante.

L'α-lactalbumine, une autre protéine prédominante du lactosérum, est essentielle à la biosynthèse du lactose et facilite l'absorption des oligo-éléments et des minéraux.

Le lait maternel contient également des cytokines telles que le facteur de nécrose tumorale-α (TNF-α), l'interleukine (IL)-1β, l'IL-6, l'IL-8, l'IL-10, l'interféron-γ et le facteur de croissance transformant-β (TGF- β), qui assurent une immunomodulation et une protection passive réduisant le risque d'infections.

Les oligosaccharides du lait maternel (HMO), 3éme composant le plus abondant du lait maternel après le lactose et les lipides, sont un autre élément important dans la formation de l'immunité du nouveau-né.  Ils favorisent la croissance de bactéries bénéfiques, productrices d’acides gras à chaîne courte et protègent également le nourrisson en inhibant l’adhésion des pathogènes à la muqueuse intestinale. Des études précliniques soutiennent les effets préventifs des HMO contre l'entérocolite nécrosante.

Le microbiome du lait maternel et la santé humaine

Le séquençage de nouvelle génération a permis d’accumuler les données sur la richesse du microbiote du lait infantile.  Bien que parfois contradictoire, les données disponibles montrent la présence d’au moins 7 à 9 genres retrouvés de façon prédominante dans le lait maternel, les deux principaux étant Staphylococcus​ et Streptococcus​ ainsi que les Bifidobacterium, les Pseudomonas et les Lactobacillus. Les hypothèses acceptées de leur origine sont la contamination de la peau superficielle et de la cavité buccale du nourrisson et la translocation par la voie entéro-mammaire.

Il est maintenant largement admis que le microbiome du lait maternel contribue à la colonisation intestinale du nourrisson, mais on ne sait pas encore quelles bactéries jouent un rôle majeur dans le développement immunitaire et la symbiose bénéfique.

Certaines preuves soutiennent l'hypothèse que l'abondance relative de Bifidobacterium est liée au développement immunitaire. Bifidobacterium ​et Lactobacillus sont les deux genres qu’on retrouve dans le lait maternel et dans les selles du nourrisson et sont utilisées depuis longtemps comme probiotiques. Les auteurs s'attendent à ce que de nouvelles souches probiotiques soient isolées, mieux transférées dans l'intestin et plus efficaces.

Exosomes et miARN​

Les exosomes dérivées du lait protègent les cellules épithéliales intestinales du stress oxydatif en régulant la prolifération cellulaire et l'inflammation et exercent diverses fonctions dans l'immunomodulation et le cancer. A peu près 1400 miARN, de courts ARN non codants de 18 à 25 nucléotides, sont présents dans le lait maternel. Chaque miARN est impliqué dans la régulation de plusieurs gènes.  Les miARN du lait maternel sont absorbés au niveau de la paroi intestinale et atteignent différents organes via la circulation sanguine. Plusieurs fonctions ont été décrites notamment liée à la défense immunitaire, au développement des tissus adipeux et pulmonaires, au métabolisme des lipides, à la croissance, aux modifications épigénétiques…

Conclusion

Le lait maternel est un système complexe de composants bioactifs. C’est la meilleure source de nutriments pour le nourrisson et il intervient dans la formation de l’immunité précoce. Chacun des composants bioactifs connus a montré des impacts positifs sur la santé notamment par la prévention des infections. La recherche doit encore approfondir le rôle des composants connus et potentiellement aboutir à la découverte de composants encore inconnus.   

Source:  Yi, D.Y.; Kim, S.Y. Human Breast Milk Composition and Function in Human Health: From Nutritional Components to Microbiome and MicroRNAs. Nutrients 2021, 13, 3094. https://doi.org/10.3390/nu13093094

 

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Avis important

Le lait maternel est l’aliment idéal du nourrisson car il convient le mieux à ses besoins spécifiques. Une bonne alimentation de la mère est importante pour la préparation et la poursuite de l’allaitement au sein. L’allaitement mixte peut gêner l’allaitement maternel et il est difficile de revenir sur le choix de ne pas allaiter. Les implications socio-économiques doivent également être prises en considération dans ce choix. En cas d’utilisation d’un lait infantile, lorsque la mère ne peut ou ne souhaite pas allaiter, il importe de respecter scrupuleusement les indications de préparation et d’utilisation et de suivre l’avis du corps médical. Une utilisation incorrecte pourrait présenter un risque pour la santé de l’enfant.

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